Radar de détection précoce et de surveillance aéroportés

Sarah Simpson

Mise à jour:

Les radars de surveillance aéroportés ont deux fonctions. Ils facilitent la détection de cibles aériennes ainsi que celle de cibles au sol et à la surface de la mer. Ces radars équipent les avions d’alerte précoce aéroportés (AEW), principalement des plateformes à voilure fixe et à voilure tournante. Les radars de surveillance aéroportés équipent les avions de surveillance maritime et/ou les plateformes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance. Dans ce dernier rôle, ils équipent des aéronefs à voilure fixe et à voilure tournante ainsi que des véhicules aériens sans pilote.

Radars de détection et d’alerte aéroportés (AEW)

Les aéronefs AEW utilisent des radars de surveillance aéroportés pour détecter des cibles aériennes telles que des aéronefs ou des missiles. Certains radars AEW peuvent disposer d’une capacité résiduelle de détection et de poursuite de cibles au sol et en mer. Les anciens hélicoptères AgustaWestland/Leonardo ASAC.7 Sea King de la Royal Navy en sont un exemple. Ceux-ci étaient équipés du radar Searchwater-2000 de Thales. De même, la série d’avions AEW E-3 Sentry de Boeing, équipée du radar Westinghouse/Northrop Grumman AN/APY-1/2, peut détecter et suivre des cibles à la surface de la mer.

Détection et suivi des radars AEW

Les radars AEW détectent et suivent les cibles aériennes hostiles. Cela permet aux contrôleurs à bord de l’avion de diriger la puissance aérienne amie vers ces cibles et de gérer leur interception. Le même radar peut gérer la direction des avions amis et coordonner les opérations aériennes des forces amies. Ces missions peuvent inclure l’appui aérien rapproché et l’interdiction du champ de bataille, les patrouilles aériennes de combat, le ravitaillement en vol et le soutien au combat. L’avantage d’un radar AEW réside dans sa portée de détection et de suivi des cibles. Par exemple, un tel radar équipant un avion volant à 30 000 pieds (9 144 mètres) aurait une portée d’environ 212 milles marins (392 kilomètres). Le choix du radar dépend, entre autres, de son rôle, de sa puissance et de la taille de son antenne. Par conséquent, les radars équipant les plates-formes AEW utilisent généralement la bande L (1,215 gigahertz/GHz à 1,4 GHz), la bande S (2,3 GHz à 2,5 GHz/2,7 GHz à 3,7 GHz), la bande C (5,25 GHz à 5,925 GHz) et la bande X (8,5 GHz à 10,68 GHz).

Radar de surveillance maritime aéroporté

Les radars de surveillance aéroportés jouent également un rôle clé dans la détection de cibles au sol et en mer. Les environnements terrestres et maritimes peuvent tous deux être très « encombrés ». Le terme « encombrement » désigne les échos parasites qu’un radar reçoit lorsque ses transmissions heurtent des objets au sol et à la surface. Par exemple, la mer présente des crêtes de vagues, qui peuvent parfois être relativement importantes. Un radar détectera ces crêtes de vagues et les affichera à l’écran. De même, le sol comporte une multitude d’objets générant des échos parasites, qu’il s’agisse de bâtiments, de végétation ou de véhicules. Ces échos parasites peuvent faire en sorte qu’une petite cible, comme un bateau ou une voiture, soit masquée à l’écran par des objets plus volumineux. C’est pourquoi de nombreux radars de surveillance aéroportés utilisent des fréquences de la bande X (8,5 GHz à 10,68 GHz) et au-delà.

La finesse de ces faisceaux permet de distinguer les cibles avec une grande précision. Les faisceaux de la bande X étant très étroits, un radar peut nécessiter plusieurs transmissions pour composer l’image d’une voiture, par exemple. Cela s’explique par le fait que l’antenne est relativement petite par rapport aux radars à plus basse fréquence. Les transmissions en bande X peuvent donner une vue de la cible semblable à celle obtenue à travers une paille. Par conséquent, l’avion transportant le radar doit déplacer physiquement l’antenne au-dessus d’une zone donnée pour créer une image détaillée de la cible. C’est le principe qui sous-tend le radar à synthèse d’ouverture (SAR). Le déplacement de l’avion au-dessus d’une zone particulière crée artificiellement une antenne plus grande. Les images SAR sont si détaillées qu’elles rivalisent avec les photographies. Cependant, contrairement aux photographies, elles peuvent être obtenues par tous les temps, de jour comme de nuit, car le radar n’est pas affecté par ces conditions.

Radars de surveillance aéroportés et logiciels MTI

Ces radars de surveillance aéroportés intègrent également des logiciels d’indicateur de cibles mobiles (MTI). Ceux-ci détectent lorsque des cibles telles que des véhicules ou des navires sont en mouvement. Les MTI sont utiles pour faciliter la gestion des opérations au sol et en milieu maritime. Pour les réseaux de surveillance aéroportés intégrés, un logiciel de fusion multi-pistes permet de regrouper les données de suivi provenant de plusieurs capteurs en une image opérationnelle unifiée. Le système radar de surveillance et d’attaque conjointes (JSTARS) Boeing E-8C de l’armée de l’air américaine est équipé du radar AN/APY-7 de Northrop Grumman. Ce radar a utilisé ses capacités SAR et MTI pour suivre les véhicules de l’armée irakienne pendant l’opération Tempête du désert. Menée par une coalition dirigée par les États-Unis en 1991, l’opération Tempête du désert a chassé l’Irak de son occupation du Koweït. Les informations fournies par l’E-8C se sont révélées particulièrement utiles pour orienter la puissance aérienne de la coalition vers ces cibles pendant les combats.

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