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Brouilleurs de guerre électronique
Le brouillage est au cœur de la mission d’attaque électronique. L’attaque électronique est un sous-ensemble de la discipline plus large de la guerre électronique (GE).
La technologie de brouillage a été utilisée pour la première fois à des fins offensives pendant la Seconde Guerre mondiale pour attaquer les radars et les radios. Ces deux systèmes émettent des signaux radio. Les radars le font pour détecter et suivre un objet, tandis que les radios le font pour envoyer et recevoir des communications vocales et des données.
Dans sa forme la plus simple, le brouillage vise à réduire la capacité des radars ou des radios à remplir leurs fonctions, voire à les en empêcher complètement. Le processus de brouillage utilise également des signaux radio, mais de manière à attaquer ces systèmes.
Fonctionnement des systèmes de brouillage
En termes simples, les équipements de brouillage utilisent de manière offensive des interférences radio créées artificiellement. On peut observer un exemple du fonctionnement du brouillage lorsqu’une voiture passe sous une ligne électrique avec sa radio allumée. Le son de la radio est soudainement couvert par des interférences. Ce phénomène est causé par le rayonnement électromagnétique des lignes électriques.
Un signal de brouillage, appelé forme d’onde, est transmis vers l’antenne d’un radar ou d’une radio. L’objectif est que l’antenne détecte ce signal. Pour garantir cela, le signal est émis sur une fréquence pouvant être détectée par l’antenne et correspondant à la fréquence du signal que le brouillage vise : si un radar émet son signal sur une fréquence de 3,6 gigahertz (GHz), le signal de brouillage doit être identique.
Cependant, le succès du brouillage d’un radar ou d’une radio ne dépend pas uniquement de la fréquence du signal de brouillage. L’amplitude du signal est également importante. Prenons l’exemple d’une radio recevant des signaux dont l’amplitude est de quelques watts. Si le signal de brouillage est plus faible que les signaux reçus par la radio, ces derniers ne seront pas perturbés. Le signal de brouillage sera également détecté, mais il sera trop faible pour avoir un effet perceptible.
Si le signal de brouillage est plus puissant que le trafic reçu par la radio, il « noiera » ce dernier. En guerre électronique, le brouillage est efficace lorsque la radio ou le radar est en mode réception plutôt qu’en mode émission. En effet, les signaux radio entrants seront alors déjà relativement faibles. Cela réduit les niveaux de puissance dont le brouilleur a besoin pour être efficace.
Pour expliquer le fonctionnement du brouillage, imaginez un violoniste soliste et un groupe de rock heavy metal sur la même scène. Le violoniste soliste commence à jouer, mais sa musique devient immédiatement inaudible lorsque le groupe de rock se met à jouer. Cela ne signifie pas que la musique du violoniste s’est arrêtée, mais simplement que le volume sonore du groupe couvre celui du soliste.
Tactiques de brouillage électronique
La technologie de brouillage s’est perfectionnée au fur et à mesure du développement de la guerre électronique et comprend toute une gamme de tactiques.
Le brouillage en barrage est utilisé contre deux fréquences ou plus. Cela peut s’avérer utile lorsque l’agresseur ne sait pas exactement quelles fréquences radio ou radar son adversaire utilise. Néanmoins, il peut savoir avec une certitude raisonnable quelle bande de fréquences celui-ci est susceptible d’utiliser.
Le brouillage ponctuel est utilisé contre des fréquences spécifiques dont on sait qu’elles sont utilisées.
Brouillage par tromperie – l’avènement de l’électronique à semi-conducteurs dans les années 1960 a révolutionné le brouillage. Il a permis le développement de systèmes sophistiqués de mémoire numérique de fréquences radio (DRFM). Ceux-ci sont particulièrement utiles pour brouiller les radars. Les DRFM détectent un signal radar entrant, échantillonnent ce signal puis le modifient subtilement, avant de le retransmettre au radar. Ce nouveau signal, bien que faux, peut induire le radar en erreur en présentant deux cibles ou plus là où il n’y en avait auparavant qu’une seule. Il peut faire apparaître la cible comme se déplaçant plus vite ou plus lentement qu’elle ne le fait réellement. Cette tactique est connue sous le nom de brouillage par tromperie.
Brouillage par séduction – de même, des signaux faux pourraient être générés par le DRFM et transmis pour convaincre le radar qu’il existe une cible bien plus importante ou attrayante dans son champ de vision que celle qu’il a initialement détectée. Cette tactique est connue sous le nom de « brouillage par séduction ». À long terme, l’avènement des techniques d’intelligence artificielle rendra les tactiques et techniques de brouillage de plus en plus sophistiquées.






